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Le Vannon

Le Vannon

Histoire(s) de la vallée de la Saône et du Vannon


Sur les trottoirs de Membrey... se baladent de drôles d'oiseaux!

Publié par Jean Pierre VIENNEY sur 11 Octobre 2017, 11:53am

L'un attend sagement avant de traverser...

L'un attend sagement avant de traverser...

L'autre, plutôt que vivre dans la rue, préfère flâner dans le ru.

L'autre, plutôt que vivre dans la rue, préfère flâner dans le ru.

Celle-ci, indocile, a visiblement soif d'indépendance, pense être libre...comme un oiseau...

Celle-ci, indocile, a visiblement soif d'indépendance, pense être libre...comme un oiseau...

...et se précipite pour s'émanciper et prendre le car pour un autre coin...très loin...

...et se précipite pour s'émanciper et prendre le car pour un autre coin...très loin...

A un autre moment, c'est une toute jeune "faisane commune", ivre de sa récente liberté, qui traverse...

A un autre moment, c'est une toute jeune "faisane commune", ivre de sa récente liberté, qui traverse...

...sous le regard admiratif de la poule et du lapin restés douillettement captifs...

...sous le regard admiratif de la poule et du lapin restés douillettement captifs...

Mais "l'épervier européen" veille sur le toit, et son œil en dit long...

Mais "l'épervier européen" veille sur le toit, et son œil en dit long...

Bon, ça suffit...le goût de la liberté a la saveur du risque...tout le monde le sait!

Et on aura reconnu dans le rôle de Héron cendréArdea cinerea, dans celui de Grande aigrette blancheArdea alba et dans la troupe des comédiens du Canard colvert, la jeune actrice Anas platyrhynchos au nom évocateur et qui pourrait être la nièce du célèbre armateur grec des albums de Tintin. 

Phasianus colchicus, Gallus gallus et Accipiter nisus faisaient également partie de la distribution.

Leurs histoires sont sympathiques mais les acteurs sont comme les comédiens de la télévision, a trop les voir on finit par se lasser.  

Il n'en est pas de même des 36 espèces d'oiseaux "prioritaires à enjeux de conservation" qui confèrent à Membrey et à ses environs immédiats un intérêt patrimonial certain.

 

Il y a donc chez nous 36 oiseaux rares...et certainement quelques autres que je ne citerai pas!

C'est de cette remarquable richesse dont nous allons parler ici.

Comme de nombreuses activités administratives, l'étude du patrimoine naturel de la commune de Membrey n'a pas échappé au délire institutionnel de l'accumulation de sigles plus ésotériques les uns que les autres.

En langage administratif, si l'on aime la nature, il convient de savoir que:

La DIREN de Franche-Comté a identifié dans le DOCOB "Natura 2000" plusieurs ZNIEFF de type I (N° 01820003) et de type II (N°01800000) et les a complétées par une ZICO "Vallée de la Saône" (N° Fr 4312006).

Sans oublier que, dans le cadre du PLU communal de 2008 qui a succédé au POS de 1990, le périmètre de la ZICO se confond avec avec celui de la ZNIEFF de type II.

Ouf... on a failli s'inquiéter!

Tout celà est limpide comme l'eau du Vannon un jour d'orage mais surtout, tous les amoureux des prairies humides, des vergers romantiques, des bosquets mystérieux et des cours d'eau languissants auront certainement apprécié la poésie surréaliste du discours de l'administration!!

 

Mais revenons à nos...vertébrés tétrapodes à sang chaud au corps recouvert de plumes... oui...oui, c'est comme ça qu'on définit les oiseaux dans le Petit Robert.

Comme rien n'est laissé au hasard, nos 36 espèces d'oiseaux remarquables, officiellement répertoriées, sont administativement réparties en quatre groupes selon leur habitat privilégié.

Il y a:

les 14 qui fréquentent la prairie humide du bord de Saône,

les 9 qui habitent nos vergers,

les 5 qui restent obstinément dans les grands espaces cultivés

et les 6 qui ne sortent pas des bois.

Vous me direz que ça n'en fait au total que 34 mais... vous oubliez le deux qui vagabondent allègrement d'un habitat à l'autre.

Il y a donc bien 36 rares espèces de drôles d'oiseaux à Membrey.

En voici, avec l'aide de l'excellent site ornithologique "oiseaux. net"

la liste exhaustive et la description détaillée cliquable!

Sur les trottoirs de Membrey... se baladent de drôles d'oiseaux!

La bande des quatorze qui fréquentent les vallées alluviales et les zones humides:

1-Le râle des genêts: Oiseau typique des prairies humides de fauche et de pâture, il est protégé en France et considére comme "en danger" au niveau mondial. Il doit faire l'objet de mesures spéciales de conservation. Des zônes de reproduction potentielles de  cette espèce ont été identifiées par la DIREN de Franche-Comté dans la plaine de la Saône. Le râle est particulièrement menacé par la précocité des fauches des prairies qui entraine la destruction des nichées.

2- Le courlis cendréC'est également un oiseau typique des prairies humides. il s'agit d'ailleurs d'une espèce nicheuse emblématique de la vallée de la Saône. Cette espèce, chassable, est en déclin en Europe mais n'est pas protégée. Elle niche de façon certaine dans la plaine de la Saône et aux abords de la Mance. Le département de la Haute-Saône se place au 5ème rang national des populations nicheuses.

3- L'hirondelle de rivage: Cette espèce est rare et protégée au niveau national. Elle vit dans les zones humides naturelles ou artificielles et niche dans les berges abruptes des rives ou dans les falaises ou les éboulis de sable. Ces habitats fragiles et instables expliquent les fluctuations importantes des populations.

4- Le râle d'eau: Cet oiseau habite les bords des rivières, préférentiellement parmi les roselières où il niche.

5- La marouette ponctuée: Elle peuple les marais et les zones humides et niche dans les mottes d'herbe et de joncs émergeant de l'eau. C'est une espèce considérée comme "en danger" et extrèmement rare au niveau national.

6- La grande aigrette: Cet oiseau migrateur niche dans les roselières ou dans les arbres des prairies humides et a été photographié fréquentant les rues et les rus du village!

7- Le phragmite des joncs: Il habite dans la végétation dense des zones humides, les phragmitaies, les touffes de joncs, les ripisylves peuplées de saules et les fossés bien végétalisés.

8- La rousserolle turdoïde: Elle peuple les phragmitaies et plus généralement les roselières bordant les zones en eau permanente où elle niche.

9- Le busard Saint-Martin: Il peut être observé en période de migration et affectionne les zones humides pour faire étape. Cet oiseau est considéré comme "vulnérable au niveau européen".

10- La bécassine des marais: C'est un oiseau limicole vivant dans les prairies humides comme les marais ou même les tourbières et qui se nourit d'invertébrés aquatiques ou de plantes immergées. Cette espèce chassable est considérée comme "en danger" sur le territoire national. La Franche-Comté, qui compte 40% des effectifs nicheurs au plan national a une responsabilité concernant la conservation de cet oiseau. Des indices de sa présence et de sa reproduction ont été notés au lieu-dit "Les Goulots" sur la commune de Membrey.

11- La grue cendrée: Cet oiseau migrateur vit à proximité des zones humides. Les landes humides constituent des lieux idéaux pour la nidification de cette espèce considérée comme "vulnérable" en France et en Europe et qui doit faire l'objet de mesures spéciales de conservation.

12- La sarcelle d'hiver: Elle affectionne les plans d'eau ou les rivières à cours lent. L'espèce est chassable et non protégée mais est considérée comme "rare" en France.

13- La sarcelle d'été: Comme sa cousine la sarcelle d'hiver elle affectionne les rivières lentes comme la Saône et est considérée comme "en danger" en France.

14- le canard chipeau: Il vit dans les eaux profondes des lacs et des rivières à débit lent. Il fréquente les prairies humides et se reproduit au bord de l'eau, nichant dans la végétation riveraine épaisse. Cette espèce, chassable, est considérée comme "vulnérable" au niveau national comme européen.

Sur les trottoirs de Membrey... se baladent de drôles d'oiseaux!

La bande des neuf qui squattent nos vergers, nos haies bocagères aux abords du village:

1- La pie-grièche à tête rousse: Cette espèce habite les prairies parsemées de haies arbustives, les bosquets et les vergers. Rare, elle compte moins d'une vingtaine de couples en Franche-Comté et sa population semble catonnée aux collines bordant la vallée de la Saône et ses affluents qui constituent le dernier noyau de population régionale. Sa conservation est un enjeu particulièrement fort pour notre village.

2- La pie-grièche écorcheur: Elle fréquente le même habitat que sa cousine à tête rousse et doit faire l'objet de mesures spéciales de conservation. Cette espèce protégée est considérée "en déclin".

3- La pie-grièche grise: Proche des deux précédentes, cette espèce protégée est également "en déclin" sur le territoire national et européen.

4- Le hibou petit-duc: Cette espèce est rare et protégée au niveau national. Ce petit hibou vit dans les vergers des abords des villages et niche dans les cavités des vieux arbres, souvent creusées avant lui par les pics-verts. N.B: la fiche "oiseaux net" est celle du hibou moyen-duc.

5- La huppe fasciée: C'est un oiseau typique des bocages offrant de nombreux bosquets, haies et vergers. Elle investit les arbres creux à proximité des habitations. Il s'git d'une espèce "en déclin" sur le territoire national où elle est protégée.

6- Le rougequeue à front blanc: Il habite les lieux boisés, les parcs, les vergers, les lisières et les clairières dans les bois. Il niche dans les cavités d'arbres.

7- Le tarier des prés: C'est un oiseau commun des prairies arborées, où les arbres et les arbustes lui fournissent des postes de chant. L'espèce est en déclin en France mais elle compte de sites de reproduction dans la plaine de la Saône. Elle fait partie des trois espèces de passereaux suivis dans le cadre des Mesures Agri-Environnementales (MAE).

8- Le pic vert: Insectivore, il fréquente les vergers, haies et bosquets à proximité des prairies qui lui sont indispensables.

9- Le torcol fourmilier: Cet oiseau, qui habite les vergers parcs et jardins, est en déclin en France et en Europe

Sur les trottoirs de Membrey... se baladent de drôles d'oiseaux!

La bande des cinq qui ne quittent pas les terrains plats et les espaces agricoles ouverts:

1- La caille des blés: Elle habite les terres planes ou onduleuses et niche au sol dasn la végétation dense. Il s'agit d'une espèce considérée comme "vulnérable en Europe" et qui doit faire l'objet de mesures spéciales de conservation bien qu'en France elle puisse être chassée.

2- Le faucon hobereau: Il habite les lisières des bois ou les boqueteaux situés à proximité de vastes espaces agricoles ouverts souvent à proximité des zones humides.

3- La bondée apivore: Elle habite les terrains découverts à proximité des forêts ou des bosquets. Elle niche dans d'anciens nids de coorneilles ou de rapaces. Espèce protégée relativement commune, elle doit faire l'objet de mesures spéciales de conservation.

4- La perdrix rouge: Oiseau des milieux secs et ouverts, elle utilise les haies et les petits buissons pour nicher. Bien qu"en déclin", elle est chassable.

5- La perdrix grise: Comme la perdrix grise avec laquelle elle partage son habitat, elle est également chassable et fait l'objet de lâchers volontaires par les Associations de Chasse. Toutefois, elle est considérée comme "en déclin" en France et en Europe.

Sur les trottoirs de Membrey... se baladent de drôles d'oiseaux!

La bande des six qui préfèrent les milieux forestiers discrets et leus abords immédiats:

1- Le milan noir: Il habite préférentiellement les vallées arborées à proximité des cours d'eau ou des zones humides qui sont nécessaires à son alimentation. L'espèce est protégéer et considérée comme vulnérable en Europe.

2- Le milan royal: Il habite la lisière des bois ou les boqueteaux à roximité des vastes espaces agricoles ouvers mais reste proche des zones humides.

3- La tourterelle des bois: Cet oiseau habite les bois clairs de feuillus, les parcs et les bosquets de teille importante. L'espèce est chassable bien qu'étant "en déclin" en France et en Europe. 

4- Le pic mar: Il habite les plaines et les colines dasn les forêts de feillus.

5- Le pic noir: Il fréquente nos forêts de feillus.

6- La bécasse des bois: Elle vit dans les boisements qui alternent avec des terres cultivées et des prairies de préférence à proximité des fourrés humides. Elle se reproduit dans les zones humides ou près du rivage et niche dasn une cuvette remplie de feilles mortes. Sa population est en nette régression dans l'ensemble de l'Europe.

 

Sur les trottoirs de Membrey... se baladent de drôles d'oiseaux!

Et enfin il y a ceux dont "les aptitudes écologiques sont large" et qui vagabondent sans vergogne d'un site à l'autre:

1- Le vanneau huppé: On peut le voir fréquenter aussi bien les prairies que les cultures mais il préfère les milieux humides (marais, landes, rives d'étangs ou prés humides). Il niche à terre et est "en déclin" en France.

2- Le faucon pélerin: Il habite tout type de milieu, des talus des rivages jusqu'aux plus vastes openfields. Ses préférences vont aux milieux ouverts, il niche dans les parois rocheuses, les arbres ou même les granges abandonnées. C'est une espèce "rare" en France.

On le comprend, la remarquable diversité avifaunistique de la commune de Membrey reflète parfaitement la diversité des milieux naturels présents sur le territoire. 

La mosaïque des prairies humides, des vergers, des bosquets, des forêts et des terres cultivées est notre richesse...

...Et, comme on ne prête qu'aux riches, pour illustrer le propos il nous reste à raconter l'histoire de la héronnière de Membrey.

 

Il était une fois... une colonie de hérons cendrés (ardea cinerea) qui avaient paisiblement élu domicile sur la rive gauche de la rivière Ognon dans le petit village de Chevroz (Doubs) à une quinzaine de kilomètres de Besançon.

Plusieurs couples de cette espèce avaient choisi ce lieu pour élever leur progéniture et le rejoignaient chaque année pour installer ou recharger leurs nids respectifs.

La fidélité de cette espèce est telle que la tradition aurait pu perdurer encore des décennies.

Hélas, le site s'est trouvé sur l'emprise de la future Ligne à Grande Vitesse (LGV) Rhin-Rhône.

En février 2007, en pleine période d'incubation, les arbres supportant les nids sont détruits à l'occasion des travaux menés sous la responsabilité de Réseau Ferré de France (RFF) en totale infraction avec le Code de l'Environnement. La destruction des nids constitue en effet un délit.

Après intervention d'une associaltion de protection de l'environnement, la Préfecture de Région demande à RFF de compenser la perte de la héronnière de Chevroz. 

Ce n'est qu'en 2011 que RFF propose la commune de Membrey comme siège d'une nouvelle héronnière et s'engage à créer une réserve foncière dans une zone boisée située dans l'emprise du site Natura 2000 de la Vallée de la Saône.

Le 18 juillet 2012, une convention tripartite est signée entre RFF, la Commune de Membrey et la CPEPESC de Franche-Comté.

Un "ilot de senescence" de 76 ares dans lequel les arbres ne seront jamais exploités, entouré d'une zone tampon de 4,70 hectares est délimité afin de maintenir et préserver la biodiversité du site pour favoriser la présence des hérons cendrés à Membrey... sous haute protection!

 

A proximité de la Saône, la héronnière de Membrey vue...à vol d'oiseau!

A proximité de la Saône, la héronnière de Membrey vue...à vol d'oiseau!

Espérons que les hérons de Membrey, confortablement nichés, auront, comme cet autre volatile qui habite nos jardins... 

une santé de fer!!! 

Sur les trottoirs de Membrey... se baladent de drôles d'oiseaux!
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